Rassemblement Wallonie-France[introduction] [presse] [trait d'union - 12/2003]SommaireContactez-nousborder
sommairebases fondatricesactionsstructureslu dans la pressedevenir membreélectionslienscontactez-nous

Trait d'union - décembre 2003

 Démocratie et particratie à la sauce belge.

 

Dans un Royaume qui pratique la cuisine à l’étouffée avec un art consommé, il est peu courant de voir la publication, coup sur coup, de deux ouvrages qui dénoncent un système vécu de l’intérieur. Dans son Pouvoir enchaîné (Labor, 2002), Alain Eraly, responsable de l’Institut de Sociologie de l’ULB et directeur de cabinet sortant à la Région bruxelloise, fustigeait déjà le gaspillage d’énergie, la stratégie du court terme, les pertes d’efficacité chroniques et le narcissisme paranoïde (sic) qui imprègnent les cabinets de Ministres totalement dépendant de leur parti respectif,

Eraly remet le couvert, en compagnie d’Alain Destexhe. Les deux compères signent un sulfureux Démocratie ou particratie ?  (Labor, 2003). Il faut dire que le sociologue s’est adjoint un expert en bureaucratie, népotisme et trafic d’influence. On se souvient d’un Destexhe complice, sous l’œil sournois de Striptease, des démonstrations en carton-pâte de la Corée communiste ! Avec ce réquisitoire, Destexhe signe sans doute son suicide politique (on vous l’a dit, la cuisine à l’étouffée…).

Pour les auteurs, « La Belgique est une démocratie au moment des élections et une particratie le reste du temps ! L’appareil d’Etat tout entier est soumis au règne des partis politiques. Cela se traduit notamment par des administrations très politisées et des parlements totalement soumis. »

Le RWF-RBF, qui accomplit un effort d’archivage considérable, a retrouvé un article du Soir du 3.11.1995 intitulé Particratie, le mal belgo-italien. Lieven De Winter , chargé de cours à l’UCL, y comparait les systèmes italiens et belges : « Les liens entre l’Etat et les citoyens sont basés sur des rapports clientélistes et pas d’abord sur le respect de valeurs. Les votes s’échangent contre des services rendus. Enfin, la culture politique est localiste : on s’identifie plus volontiers à sa propre communauté, sa paroisse qu’avec l’Etat ». En Italie, en dépit d’une courageuse opération Mains propres de la magistrature italienne contre la mafia et la corruption, les mécontents se sont laissés tenter par la bande à Berlusconi, Bossi et Fini.

Chez nous, il n’y aura pas de sursaut d’une magistrature engluée dans les affaires. Au contraire, Stevaert et Di Rupo versent dans un populisme racoleur et les libéraux francophones se spécialisent dans le poujadisme de proximité. Tout cela n’empêchera pas la Flandre de s’identifier davantage à ses beffrois et autres vlaamse klokken. C’est le sénateur Destexhe qui nous donne le mot de la fin : « Pour changer le régime il faudrait casser une véritable chape de plomb ».

Ambiance garantie au MR, rue de… Naples !

Rassemblement Wallonie-France