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Point de rupture en 2003 (ou 2002… ?)

  

        par Joël Goffin,

 Président de l’arrondissement du Brabant wallon.

 

                “ Pour moi, il est un fait acquis que les soins de santé seront scindés. Mais ce n’est pas encore le moment opportun. L’accord gouvernemental ne le permet pas. Mais les élections de 2003 ne sont pas tellement éloignées et à ce moment-là, je m’assiérai à la table des négociations. ” C’est en des termes peu ambigus que le Président du VLD Karel De Gucht s’est exprimé voici peu de temps dans les pages du très populaire quotidien flamand Het Laatste Nieuws.

                Dans ses interventions politiques, le RWF-RBF est le seul parti francophone qui a joué la carte de la lucidité : les accords de la Saint-Polycarpe ne sont qu’une simple étape dans le processus d’affranchissement de la Flandre par rapport à un pouvoir fédéral ressenti par une grande partie de nos voisins du Nord comme un fardeau financier, économique et social. Plus loin, le coreligionnaire du Premier Ministre cite des chiffres que les caciques des universités flamandes lui servent régulièrement sur un plateau afin de stigmatiser une situation Nord-Sud qui leur apparaît de plus en plus flagrante : “ Chaque année, 40 milliards liés aux dépenses des soins de santé ne sont plus sous contrôle. Cette situation est de plus en plus intenable. Elle peut conduire à une sécurité sociale à deux vitesses : une pour les riches et une pour les pauvres ” (ndlr : faut-il entendre “ pour les Flamands et les Wallons ” ?). Et De Gucht d’ajouter non sans ironie : “ Ce que je veux absolument éviter. Quand je dis que la régionalisation des soins de santé est inéluctable, c’est essentiellement pour des raisons sociales ”. Le Soir du 2.10.2001, comme de bien entendu, ne décèle pas la connivence qui sous-tend ces déclarations et celles du ministre SP Frank Vandenbroucke qui voit l’origine des écarts Nord-Sud dans les différences de formation médicale. Ce qui provoquerait la surconsommation wallonne dans le domaine de certains soins de santé (dialyse rénale, réoxygénation des nouveaux-nés, etc.)

                Et si, de fil en aiguille, on arrivait lentement mais sûrement (vieil adage flamand) au fameux point de rupture évoqué encore récemment par Caroline Persoons, secrétaire générale du FDF, lors du débat organisé par notre parti à l’ULB avec la participation incisive de Marc Platel ? Et si chaque Flamand, autour d’une “ pintje ”, était désormais convaincu de payer chaque année une voiture ou une opération chirurgicale pointue à son voisin wallon…

                Pour sa part, calfeutré dans sa citadelle namuroise, notre bon Jean-Claude Van Cauwenberghe ne veut pas entendre parler d’une scission des soins de santé. Mais l’on sait ce qu’il advient de ces fameux “ onbespreekbaar ” (“ non négociable) à la Louis Michel et autres Di Rupo du (petit) cru 1999.

                Dans l’intervalle, la Flandre a créé son “ assurance-soins ” qui inébranlable. paiera ce que l’assurance maladie ne couvre pas. Selon les propres termes du Soir, le patient wallon devra dépenser plus. Ou être moins soigné….

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