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«LA
FRANCE RÉAGIRA»
Les rattachistes de Wallonie relativisent - Article paru dans les journaux du groupe Sud-Presse le 23 avril 2002
Pour ceux qui rêvent d'un rattachement de la Wallonie à l'Hexagone, la victoire du leader du Front national au premier tour de cette présidentielle est toute relative. « Ce résultat ne fait pas de la France un pays fasciste, confie Paul-Henry Gendebien, président du RWF-RBF. Le Pen n'a pas réellement amélioré son score de 1995. Ce sont les abstentionnistes qui ont fait la différence. De toute manière, au bout du compte, il perdra ces présidentielles. Et, en juin prochain, il peut espérer, tout au plus, aligner 5 ou 10 députés sur les 577 qui siégeront. » Par ailleurs, M. Gendebien estime que nos voisins se remettront rapidement de cette crise passagère. « La
France produit, comme elle l'a toujours fait dans son histoire, des anticorps
pour lutter contre les mauvais virus que représentent les partis d'extrême
droite, poursuit
le rattachiste wallon. Depuis plus de dix ans, toute la classe politique
s'est constitué une extraordinaire unanimité pour s'opposer au FN. Je pense
même que cette crise permettra à la France de réagir et de redonner le
meilleur d'elle-même, comme elle l'a fait de l'époque de Jeanne d'Arc à
celle de De Gaulle. On peut dire aujourd'hui que la France a déjà commencé
à se redresser. La France triomphera de ces difficultés parce qu'elle possède
les ressources humaines et démocratiques nécessaires. » Et
en Wallonie ?
Estimant le rattachement indispensable à la survie de la Wallonie, Paul-Henri Gendebien ne peut s'empêcher d'établir un lien entre la crise française et la situation en Wallonie. « Le malaise français n'est que l'illustration d'une crise profonde qui traverse la plupart des pays européens, affirme-t-il. La France est néanmoins le premier pays à réagir en adaptant ses institutions. Quant aux donneurs de leçons belges, ils feraient bien de balayer devant leur propre porte. Louis Michel, qui parle d'éviter les vacances dans le Lubéron, nous conseillera-t-il de ne plus visiter le zoo d'Anvers quand le Vlaams Blok sera au pouvoir à Anvers ? En Belgique, on tend à minimiser la persistance d'une extrême droite qui n'a pas abandonné ses objectifs. » D. DH. | ||||||||