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Elections - Gendebien et ses rattachistes en lice

MICHELLE LAMENSCH

Le Soir, 15 mars 2003  

« Bruxelles et Wallonie à la France »

La scission de l'Université de Louvain ? Nous la pressentions, dans les années 60. On nous disait que c'était impossible. Or c'est nous qui étions les réalistes ! Le Rassemblement Wallonie-France et sa section bruxelloise du RBF puisent aujourd'hui dans le scandale financier qui a décapité la ville d'Anvers des arguments pour annoncer que la Belgique sautera à Anvers, et pour nous recommander le rattachement à la France. Nous choisissons un Etat républicain, argumente Paul-Henri Gendebien, le président du RWF-RBF, et souhaitons instaurer un sentiment d'appartenance collective à une nation. L'Europe a besoin d'Etats nationaux forts ; la Belgique est nuisible à la construction européenne.

Créé voici trois ans, le RWF-RBF affiche un millier de cotisants et 2.500 sympathisants. Il espère réunir les signatures d'électeurs nécessaires (5.000 pour le Sénat, de 200 à 500 selon les provinces pour la Chambre) pour déposer des listes dans les deux assemblées, le 18 mai. La Belgique sautera à Anvers, reprend Gendebien, tête de liste Hainaut à la Chambre, en raison des divergences qui s'y accroissent entre le Nord et le Sud. Tôt ou tard, la Flandre mouillera le Vlaams Blok dans son gouvernement. Et comme il n'y a pas de place pour deux nations concurrentes sur un même territoire, de la « Nouvelle Flandre » et de l'« Ancienne Belgique », c'est l'Etat belge qui s'effacera.

Cet Etat belge, le RWF-RBF le décrit en délitement : La Belgique se dit compétente universellement (pour juger tous azimuts les infractions au droit humanitaire, NDLR) mais une cour d'appel se dit incompétente pour juger le Vlaams Blok et les partis « démocratiques » lui versent 4 millions d'euros de subsides par an !

Le front francophone ne serait, d'autre part et toujours selon le RWF-RBF, qu'une illusion, au vu de la régionalisation de la loi communale et de la fin de non-recevoir flamande à la ratification de la convention-cadre pour la protection des minorités. Au nom de la Belgitude, explique encore Gendebien, les francophones ne cessent de lâcher du lest aux Flamands et avancent sur la voie du dépérissement de l'Etat, tout en restant demandeurs : RER, refinancement de Bruxelles et de la sécurité sociale.

La France nous offrirait-elle un meilleur avenir ? Le RWF-RBF compare alors l'usage des fonds européens en Wallonie et dans le Valenciennois : Tandis qu'on rénovait la Grand-Place d'Ath (fief de Guy Spitaels, NDLR) et les remparts de Mons (fief d'Elio Di Rupo), « ils » faisaient baisser le chômage à Valenciennes…

Mon adhésion sentimentale, embraye Marc Wilmet, professeur à l'ULB et tête de liste Bruxelles à la Chambre, s'est muée en adhésion intellectuelle : je veux retrouver un patrimoine dont l'histoire nous a spoliés.

Mais la France voudrait-elle de nous ? Nous menons un travail d'information auprès de ses décideurs qui, pour l'instant, affichent une volonté de non-ingérence et de non-indifférence…


Rassemblement Wallonie-France