![]() | [introduction] [presse] | ![]() | ![]() | |
|
Le rattachisme à la France comme alternative à la dérive confédérale(Journal L'Echo - 3 mai 2003)E n invitant les Wallons à s'orienter vers la France, le Rassemblement Wallonie-France (RWF), dirigé par Paul-Henry Gendebien, tourne résolument le dos aux compromis institutionnels "à la belge" qui, à ses yeux, ne furent que des "capitulations francophones".Contrairement aux mouvements qui prônent le "stand-still" institutionnel, l'approche du RWF se veut radicale. "La majorité flamande n'a plus de projet pour la Belgique et la Belgique n'a plus de projet pour la Wallonie. Wallons et Bruxellois doivent donc savoir que la Belgique n'est pas leur horizon indépassable", peut-on lire dans le manifeste du mouvement rattachiste. Le RWF n'a certes pas pour mission de prophétiser la date de la fin de la Belgique. Comme il n'y a pas de place pour deux nations concurrentes sur un même territoire, de la "Nouvelle Flandre et de l'"Ancienne Belgique", c'est l'Etat belge qui s'effacera, annonce Paul-Henry Gendebien. D'où la nécessité pour la Wallonie de se préparer à cette échéance en retrouvant et réhabilitant "sa véritable identité nationale qui est française". Reste à voir si la France est effectivement intéressée par l'arrivée éventuelle d'une entité wallonne. Gendebien se veut rassurant sur ce point: "L'intérêt en France, tant à gauche qu'à droite, est évident, même si un devoir de réserve prévaut, à l'instar de l'attitude adoptée à l'égard du Québec. Ce devoir de réserve peut se résumer comme suit: non-ingérence mais non-indifférence." Cet intérêt se manifeste, selon lui, tant au plan politique et culturel (renforcer l'Europe "latine"), qu'économique (40% des grandes entreprises wallonnes sont sous contrôle français). Quant à la dette publique wallonne, elle ne peut constituer un obstacle durable. "Celle-ci ne représente jamais que 2% de la dette publique française, soit beaucoup moins que le poids de la dette est-allemande dans l'Allemagne réunifiée", fait-il remarquer. En ce qui concerne l'opinion wallonne, Gendebien tient à souligner qu'une majorité de la population du sud du pays se pose aujourd'hui des questions face à l'évolution du paysage institutionnel belge. Il rappelle à cet égard le récent sondage du journal Vers l'Avenir selon lequel 36% des personnes interrogées seraient favorables, en cas d'éclatement de la Belgique, à un rattachement à la France, contre 14% d'indépendantistes et 28% de rattachistes avec le Grand-Duché. Y compris Bruxelles Le RWF entend également s'implanter à Bruxelles. Une section y sera créée sous l'appellation "Rassemblement Bruxelles-France (RBF)". "La Wallonie invite Bruxelles à l'accompagner dans sa démarche en direction de la France afin que soient garantis (...) son caractère essentiellement français, sans que soient remis en question les droits de la minorité flamande", stipule le manifeste. Rappelons enfin que le RWF-RBF revendique un millier de membres et quelque 2.500 sympathisants. L'objectif de Gendebien est d'atteindre la barre des 5%, seuil qu'il estime par ailleurs antidémocratique, en l'absence d'un scrutin majoritaire. "Mais notre objectif fondamental reste le scrutin régional de 2004 où nous disposons de réelles chances de percer", précise-t-il. "Notre ambition n'est cependant pas d'aller très vite, mais d'inscrire notre mouvement de manière durable dans le paysage politique et d'influencer l'opinion en profondeur." ©Editeco SA - L'Echo - Tous droits réservés Propos recueillis par J.-P. B
|
|
| ||