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Discours prononcé le 8 décembre 2001 au Congrès de Namur par Baudouin DUNESME, secrétaire général du R.W.F.-R.B.F.

 

Monsieur le président, messieurs les vice-présidents, chers amis, mesdames, messieurs, 

       Nous venons d’adopter les statuts de notre parti ; ce sont de bons statuts, élaborés au cours d’une procédure exemplaire de démocratie, c’est-à-dire une procédure où la réflexion des dirigeants et la critique des militants se sont conjuguées en une action de sagesse et de responsabilité. 

       Ce sont de bons statuts, combinant de manière exemplaire l’autorité du centre et la liberté des organisations de base ; l’efficacité de la décision et la libre discussion ; la sévérité de la discipline et les droits de la défense.

Je vous le dis sans forfanterie aucune, le RWF-RBF est maintenant doté des meilleures règles de fonctionnement qui puissent exister en l'état actuel des choses; c'est là l'indice d'une maturité qui nous distinguera bien sûr des groupuscules sans avenir.

Mais je veux surtout y voir le gage exemplaire de notre capacité politique à apporter des solutions équilibrées aux contradictions complexes auxquelles le monde et l'Histoire nous confrontent.     

* 

         Chers amis, c’est à moi que revenait naturellement le devoir de vous parler de Bruxelles. Bruxelles, cette ville trop orgueilleuse pour les Wallons ; cette ville tellement honnie par les Flamands qu’ils en ont fait leur capitale ; cette ville aimée par tous les étrangers qui y vivent ; cette ville sans laquelle, probablement, le royaume de Belgique aurait déjà cessé d’exister. 

       Bruxelles, qui est le nœud de la question nationale belge, a fait l’objet d’un complément à notre Manifeste fondateur ; texte élaboré à partir d’une réflexion profonde des responsables et des militants de l’arrondissement de Bruxelles et adopté à l’unanimité par notre Comité directeur. 

       Je vous demande de réfléchir à la signification d’une telle intégration dans notre texte politique de base : cela signifie que nous sommes, en Communauté française, le seul parti politique à avoir sérieusement réfléchi à l’avenir des Francophones au cas où, comme tous les indices le montrent, et d’ailleurs comme les partis traditionnels en conviennent, au cas où l’action destructrice de la Flandre ferait éclater la Belgique. 

       Chacun, en effet, concède que l’avenir de la Wallonie ne pose pas grand problème : la réunion à la France est son destin naturel, mais que c’est le futur statut de Bruxelles qui fait gravement question : dès lors, ne pas y réfléchir, fût-ce à titre d’hypothèse, est la marque d’une irresponsabilité bien représentative du lamentable niveau de notre monde politique. 

       Chers amis, il est impératif que nous comprenions que la question de Bruxelles, comme toutes les autres questions relatives à notre avenir, doit être analysée en sortant des schémas belges ; sinon, nous sommes condamnés à nous heurter à la sempiternelle et imbécile réponse : « Les Flamands ne voudront jamais ». 

       Quel avenir possible, donc, pour Bruxelles ? 

       Chacun s’entend pour admettre que Bruxelles, dans les limites qui sont les siennes aujourd’hui, n’est pas viable économiquement ni, par conséquent, fiscalement. 

Dès lors, les Bruxellois n’ont qu’un seul choix : s’intégrer dans, ou s’allier à un ensemble plus vaste. 

Passons sur le rêve européen : l’Union n’a ni le pouvoir, ni les institutions, ni le budget, ni surtout la capacité et le désir de compliquer encore davantage son fonctionnement en s’encombrant de la gestion d’une ville déchirée entre deux communautés. 

Et, d’ailleurs, de quelle gestion parlons-nous ? Si l’Union contribuait, comme elle devrait le faire dans une telle hypothèse, à l’équilibre financier de la ville, cela ne serait pas sans conséquence : Bruxelles serait-elle alors encore gérée par ses propres élus ? Ou serait-elle soumise à la tutelle d’une présidence tournante de fonctionnaires ennuyés surveillant le destin des Euros investis ? Les zélateurs de l’européanisme de Bruxelles devrait davantage se rappeler cette évidence : l’argent, c’est le pouvoir, et l’argent européen dans le budget de Bruxelles, c’est la fin de la démocratie pour les Bruxellois ! 

Non, tout cela relève de la politique de l’autruche pratiquée par les Bruxellois belgicains pour masquer la faillite de leur rêve irénique et tromper les Francophones sur l’avenir qui leur est réservé ; Bruxelles n’a que deux solutions : vivre à genoux en flamand avec la Flandre ou assurer son destin de ville européenne et internationale francophone en choisissant sans aucune ambiguïté l’alliance wallonne, c’est-à-dire en accompagnant la Wallonie dans sa marche à la réunion avec la France. 

Je ne parlerai pas des avantages particuliers que cette solutions apporterait aux citoyens des trois parties concernées : aux Wallons et aux Bruxellois, bien sûr, mais aussi à la France. 

Je ne parlerai pas, non plus, du respect que nous portons, et que tout membre de notre parti doit porter, aux citoyens de Bruxelles de langue et de culture flamandes : nos propositions prévoient pour Bruxelles un statut dans lequel sont garantis leur droit à utiliser leur langue dans l’administration et devant les tribunaux et les moyens de faire vivre et de développer leur culture. 

Je veux en revanche m’adresser particulièrement aux Wallons pour leur dire une vérité que tous ne trouveront peut-être pas à leur goût : les réunionistes doivent analyser les situations et concevoir les politiques qu’ils proposent en prenant aussi en compte l’intérêt de leur futur pays, l’intérêt de la France.  

Notre parti doit proscrire les points de vue étroits, repliés sur de petits intérêts ou de petites fiertés sous-régionales : si nous voulons être dignes de la fabuleuse histoire de la Nation française à laquelle nous appartenons, nous devons être capables de voir grand, de voir loin, de voir français, avec les sacrifices que cela implique mais aussi, et surtout, avec la dimension universelle et mondiale que cela nous apporte : voilà ce que doit être notre réponse à l’impérialisme flamand dont l’horizon ne pourra jamais dépasser quelques hectares à facilités. 

Au-delà de la fraternité liée à cette « musique de chambre de l’âme », comme Nietzsche appelait la langue française, c’est là le véritable ciment de la solidarité entre Bruxelles dans et la Wallonie. 

Amis wallons, amis Bruxellois, osons la grandeur ! 

Liberté, Égalité, Fraternité ; vive la France !

Baudouin DUNESME, Secrétaire Général du RWF-RBF



Communiqué du 31 janvier 2001Communiqué du 30 avril 2001
 
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