Citoyennes,
Citoyens,
Amies
et Amis Wallons dans la France,
Amies
et Amis dans la démocratie républicaine,
A Charleroi, on
dit « Dji vos wés volti », à ceux que l’on aime et bien sûr,
je vous le dis.
J’ajouterai : « Bonjour Namur ! ». Namur,
nouvelle capitale de la Wallonie française, Namur si féminine ;
Namucum, l’endroit près de la courbe, là où la Sambre, Samara la
tranquille embrasse la Meuse ; là où Félicien Rops, l’artiste
sentant le soufre, choqua les bien-pensants de l’époque qui
pratiquaient déjà la pensée unique. En 1421, Namur sera française sous
Philippe le Bon ; célébrée par Boileau et Racine, elle retournera
à la France avec le comte de Clermont en 1746 et retrouvera la France
dans la durée, avec la victoire de Dumouriez à Jemappes, suivie de celle
de Jourdan à Fleurus, en 1794. Namur deviendra alors le chef-lieu du département
de Sambre-et-Meuse jusqu’en 1814. Sambre-et-Meuse, une partition qui
jalonnera à jamais toutes nos marches d’empire et laissera dans notre
folklore et nos traditions l’âme de la grandeur française, l’âme
d’un souffle épique et d’une France qui ne pourra plus jamais se réduire
à l’Hexagone.
Il ne peut y avoir de peuple sans mémoire. Nous ne pouvons tenir
sans principes essentiels. Chaque renonciation en a entraîné d’autres.
Pour demain, nous vous promettons plus d’avenir que de passé, nous nous
y engageons. Nous ne serons jamais aux abonnés absents. Déjà, se lève
en nos rangs une jeune génération façonnée par l’idéal républicain.
Si le Belge sortit d’un tombeau, la belgitude y précipite
Wallons et Bruxellois francophones. On ne nous a jamais demandé notre
avis pour les rois et les reines du Gotha. Alors que déjà en 1650, François
Henry de Montmorency, duc de Luxembourg, maréchal de France défit à
Fleurus, une coalition hollandaise et allemande. Et ce fut Jourdan qui,
toujours à Fleurus, le 8 messidor, vainquit des troupes
anglo-hollandaises, en renvoyant en ses foyers et dans la déroute Frédéric
Jonas, un prince de Saxe-Cobourg. Y avait-il là un signe ? Il
serait, d’autre part, plus que temps, de ne plus subventionner un prince
de Waterloo, en la personne d’un duc de Wellington.
La France, elle, nous a demandé entre 1792 et 1794 si nous
souhaitions devenir Français et ce fut un oui vibrant comme au Congrès
Wallon de 1945.
La België, création d’un front anglo-hollando-germano-prussien
nous a volé notre identité, notre histoire, nos artistes au Congrès de
Vienne de 1815 en nous faisant vassaux des princes d’Orange et nous les
kidnappa encore après 1830. La Belgique, ce fut le tampon souhaité par
l’Angleterre et l’Allemagne, entre elles et la France. Ce tampon
n’est plus nécessaire, n’a plus lieu d’être, qu’il retourne aux
placards de l’histoire qu’il n’aurait jamais dû quitter.
Depuis des années, une grande idée, le Projet avec un P
majuscule, la majuscule historique, hante nos rangs, galvanise nos amitiés,
gonfle nos énergies. Ce projet nécessite un peuple souverain, mais on ne
peut parler de « souverainisme » à propos de tout et
de rien. Il ne peut y avoir d’autre souveraineté que celle du peuple ;
point de souveraineté trop étroite, à la De Villiers, qui nous ramènerait
aux combats de coqs ou à la chasse à courre.
Il n’y a pas d’avenir pour nos idées sans notre Projet, le réunionisme.
La Wallonie a un destin, son retour à la France, le cœur de notre
Projet. Lequel plonge dans « l’Isle-de-France », toute
proche. Paris n’étant qu’à trois cents kilomètres, nous n’avons
pas attendu l’Edit de Villers-Cotterêts, nous fûmes parmi les premiers
à parler le français et à en conserver l’écrit.
Que voilà une identité commune aux fondations gallo-romaines de
la langue, identique en ses patois et en sa culture de base. Le français
et le wallon sont frères de sang et complémentaires, il ne faut en rien
les opposer, le wallon pouvant demeurer le langage du cœur et de la
proximité, « èl langadge dè nos ratayons, nos soçons èyèt nos
cousses a tertous »
Nous croyons en la ferme et irrésistible conquête de notre destin
français. C’est seulement au sein de la nation française que nous
pourrons réaffirmer notre génie spécifique. L’heure du choix va
carillonner aux tours de Notre-Dame, soit s’unir à la France, en
compagnie de Bruxelles, si Bruxelles le veut, soit se résigner à
l’assimilation flamande ou à l’exil.
Les Francophones de Flandre ont été
étouffés à l’exemple du Matin d’Anvers ou de la Flandre Libérale.
Ceux des Fourons sont gravement menacés à cause de la lâcheté de nos
gouvernants. Demain, les Francophones de la périphérie feront l’objet
de nouvelles offensives flamandes comme au jardin botanique de Meise dont
les collections iront à la Flandre et où nous ne possédons même plus
les racines d’un seul arbre.
Quid du sort de la cinémathèque, de l’Albertine, bibliothèque
qui n’a plus de royale que le nom, du triste sort du C.E.G.E.S., centre
d’Histoire, de la Bibliothèque des Archives Générales ? Autant
de bijoux de famille que la Flandre engrange ou à défaut piétine.
Comme monture de l’épopée du peuple wallon et bruxellois,
pouvons-nous accepter la mondialisation ultra-libérale qui nous place à
la périphérie d’un système dont le capital financier occupe le
centre. Non. Ce serait la loi de la jungle.
Nous défendons l’exception culturelle pour nos artistes, en tous domaines. L’enfer fumiste de Dallas ou de Côte
Ouest, ce ne peut être notre tasse de thé.
Face à la mondialisation, notre devoir est la défense de la
langue et de la culture françaises dont l’illustration dépasse
l’hexagone, ce déjà depuis le siècle des Lumières. Le combat vaudra
pour l’Europe de demain et pour la place de notre langue dans le monde,
face à un sabir américain qui voudra nous envelopper dans la culture du
Coca-Cola, du chewing-gum sous le comptoir et du hamburger.
De même, les services publics doivent être garantis à tous,
fonctionner pour tous et particulièrement pour les plus démunis, les
plus faibles. Nous ne pouvons pas céder aux sirènes de la déréglementation
et de la dérégulation. Celles qui remplissent les poches des
administrateurs dits abusivement publics, ferment les bureaux de poste,
font dérailler les trains et s’écraser les avions, le tout dans un
climat hautement insécuritaire. Car la nouvelle police n’a pas les
moyens de ses ambitions. Elle a ceux des nains de jardins qui nous
gouvernent. Quand nous les dérobera-t-on ? Accrochés aux basques du
pouvoir, ils avalent toutes les couleuvres et nous en font voir de toutes
les couleurs de l’arc-en-ciel.
Par ailleurs, le F.D.F. est en train de s’immoler dansle P.R.L.-F.D.F.-M.C.C…
L’impôt demeure un geste de civilisation. Il est encore temps de
reconnaître que le développement d’une civilisation se mesure
d’abord à sa capacité de ne laisser personne au bord du chemin. Il est
évident que notre fiscalité diminue surtout sur le facteur capital et
que les services publics trinquent de plus en plus.
Ce sont ni plus ni moins que l’éducation et la santé qui sont
maintenant dans le collimateur de l’Organisation Mondiale du Commerce
alors que le gouvernement belgo-flamando-flamand nous désavantage
outrageusement, un peu plus chaque jour.
Qu’est-ce qui est rentable en matière d’enseignement ?
Des citoyens qui sont déterminés par la pensée unique ou qui se sentent
libres de penser ? Des citoyens qui réfléchissent ou des individus
prêts à entrer au service d’une machine ? On ne nous parle plus
que de services minima pour les services publics, d’acquis ou de
plate-forme minimum pour la matière enseignée. Voulons-nous des homo
sapiens ou des minus habens ? Veut-on un service universel « minimorum » ?
Les forces qui nous gouvernent servent déjà le Nord sur un plateau
d’argent, veulent-ils nous transformer en réserve indienne ?
L’enseignement doit fournir le droit d’accompagner le
savoir-faire du savoir. Nous voulons qu’il puisse encore être question
de former des citoyens cultivés, bien dans leur peau, bien intégrés,
aptes à la socialisation. Nos enfants ne peuvent être ni des machines,
ni des robots, ni des laissés – pour - compte et encore moins des
Flamands de seconde zone.
Nous ne pouvons pas tolérer la dilapidation des acquis démocratiques
dans le domaine du financement des services publics. On désorganise les
finances communales en multipliant les frais, sans ressources complémentaires
et en gonflant vigoureusement les taux des mandats. On jongle avec la
taxation et les statistiques du chômage pour faire croire que les Wallons
sont des « gréviculteurs » et des fainéants. Où sont les
fumistes ? Nous sommes des citoyens à part entière ;
l’usager n’est pas qu’un client, il a des droits fondamentaux.
Permettrons-nous les concentrations abusives, les situations de
monopole, l’anéantissement du pluralisme, l’asphyxie de la
concurrence, le verrouillage des marchés ? Accepterons-nous une
mondialisation destructrice et sans âme ?
Nous voulons restaurer la citoyenneté au sein d’un véritable
Etat.
Avec notre projet comme axe prioritaire, nous ne pouvons pas
revendiquer une réponse à tous les problèmes, car on crève des
programmes fourre-tout, tout prêts, des préalables qui n’en finissent
plus, des étiquettes mensongères.
Une bonne idée, un projet qui tient la route a besoin de temps et
de votre participation pour aboutir. Nous avons un projet politique, nous
en avons déterminé la trajectoire et nous irons jusqu’au bout.
En cette période de fin d’année, faste en fêtes et en saints
patrons, je voudrais vous dire :
« Bons vœux, Bon An,
A
ma Wallonie, à vous ses enfants
Et à toute cette famille de France
Qui aurait dû bercer notre enfance !
Wallonie trop longtemps ignorée
Par une Belgique flamandisée ;
Wallonie, terre de France
Arrachée par une Histoire germanisée,
Wallonie aux marches de la latinité.
Wallonie, terre d’espérance ;
Wallonie, j’aime tes fragrances.
Demain, tu retourneras en France,
Car c’est ta langue, ton sol et ta culture.
Mes petites-filles ne seront pas Flamandes,
Laissons à d’autres le retour à la Hollande.
Je vous offre 2002 vœux pour l’an neuf
Afin que notre peuple wallon par trop
Veuf de son histoire, en retrouve et pour
Toujours la mémoire ».
Vive
la Wallonie libre et française, Vive la France !
André
LIBERT.